L’ultra luxe selon Louis Vuitton.

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Vendredi dernier, mon collectif Les Particules Complémentaires était invité à déjeuner par Louis Vuitton. À l’intérieur de la nouvelle boutique de l’avenue Montaigne (dedans oui oui).

Pour résumer, nous étions invités à vivre l’expérience d’être riche. À déjeuner dans les salons privés avec chef assorti. À réaliser que la plupart des produits sont désormais personnalisables. À découvrir que la boutique possède un concierge au même titre que les plus grands palaces. Et à conclure que l’ultra luxe ne repose plus uniquement sur la qualité du produit mais aussi sur l’exception du service.

Alors que je me baladais dans cette immensité, je me disais, « la concurrence est si rude que les marques sont obligées de mettre en place de tels services pour se démarquer… Cela implique-t-il que le produit ne suffit plus ? Les ultra riches achètent-ils moins pour le produit que pour le service haut-de-gamme qui l’accompagne ? Dans leur tête, les marques sont-elle intervertibles ? Quid de la créativité ? ». J’ai été frappée par la réponse que Vuitton m’a renvoyée.

J’ai, tout simplement, été violemment attaquée par ces petites créatures en satin rose cerclé de Gold, avec un tour de cheville rayé noir et blanc, un ti bout pointu turlututu-trop-mignon et un talon en courbe esprit « salut, je modernise la pompe pour la rendre géniale ».

Attaquée, pétrifiée, transie. Je n’avais jamais vu ça nulle part.

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Surtout qu’elles avaient des consoeurs : jeux de rayures, graphisme noir et blanc avec imprimé de fleurs psychédéliques ou…

 

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…Graphisme noir et blanc avec évocation subliminale du nom Louis Vuitton.

 

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Et cousines duvetées au pelage acidulé.

Hélas, des beautés si chères (905€) qu’elles m’étaient interdites… La cantine, les vacances, la raison. Ma part de folie a bien essayé de me faire basculer. De me narguer en me racontant la vieille histoire de la femme que je ne suis pas et que je devrais être : libre, qui saisit l’instant, qui n’a pas peur, qui fait ce qu’elle veut, répond à ses coups de tête, s’en fiche du futur, vit pour maintenant, assume ses actes, ne vit qu’une fois, dépense son existence… Puis tout à coup, on m’appelle, je me dis, mais noooon, ce n’est pas là qu’est la substantifique moelle de ta vie. Je repose.

Et c’est aussi à cela que sert ce blog, à me consoler, à dévier le désir, à inventer un monde d’après une obsession, à rester à ma place de journaliste, observer plutôt que posséder.

Savez-vous que partager réduit l’apparition des rides et ridules ? Essayez :

4 commentaires

  1. lalectrice - 17 décembre 2014 - Répondre

    Bonjour!
    Merci pour cette incursion dans le domaine du luxe. Pour les chaussures noir et blanches, il s’agit surtout d’une reprise de ce modèle Hellstern de 1920 (j’ai trouvé une image ici : https://www.pinterest.com/pin/92464598573168074/ )
    ça me chagrine toujours quand les grandes marques s’inspirent ainsi de modèles iconiques – inspiration qui tend quand même à la reprise littérale – sans le signaler… Maintenant, le côté positif, c’est que j’ai toujours rêvé de ces chaussures, et que je peux (hum!) les acheter! (C’est une possibilité, disons, théorique).

    1. Mathilde Toulot - 17 décembre 2014 - Répondre

      @lalectrice C’est extraordinaire !! Je ne connaissais pas… Merci beaucoup beaucoup pour cette information. Effectivement, il y a un hommage qui n’est pas rendu sur ce coup-là.

  2. Pimousse - 21 décembre 2014 - Répondre

    Tu trouves sérieusement que ces chaussures sont belles ? Il y a vraiment des choses qui m’échappent en matière de mode… :-(

    1. Mathilde Toulot - 23 décembre 2014 - Répondre

      @Pimousse Oh que oui je les trouve belles… étranges, certes, mais belles ! :)

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