Inspiration copiée ou copie inspirée #12

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Vous avez 5 minutes. Miracle.

Vous entrez chez Zara histoire de voir ce qui s’y passe.

Au détour d’un portant, votre regard rase le sol et telle une fusée dans le moteur de vos pensées, vous vous lancez – 3, 2, 1, ignition – « nan-mais-c’est-quoi-ces-pompes ?! ».

Allez, ne vous fâchez pas. Revenez.

Le travail pédagogique que fait Zara c’est un petit pas pour la copie mais c’est un grand pas pour la culture mode de tous les citoyens du monde. (je suis dans un mood positiviste)(c’est l’effet Clotilde Dusoulier). Le géant du pompage généralisé a la capacité sublime de satelliser tous les cerveaux dans les hautes sphères de la création. Et au terme d’un voyage éclair, vous voilà…

…dans la galaxie Balenciaga chers amis.

Je vous rassure, ce que vous ressentez est normal.

Vous venez tout juste de poser le pied sur la lune de la mode. En apesanteur, vous flottez entre deux émotions. Le dégoût d’abord. Le rejet de tatanes qui ne sont que semelle, qui n’ont même pas la décence d’avoir une forme. Comme si elles étaient finies au pipi. Puis de la fascination devant un concept que votre oeil appelle de tout son corps pour le bonheur de vos pieds. Aaaaah qu’elle est appétissante cette ergonomie !

On la doit à Demna Gvasalia. Le nouveau directeur artistique de Balenciaga qui pense que l’esthétique sportive des ancienne équipes de Europe de l’Est est l’avenir esthétique du monde. Bon, j’exagère. Il bouscule nos standards de beauté en y immisçant des trucs habituellement repoussant. Mais c’est l’histoire de la création n’est-ce pas que d’avaler des trucs chelous jusqu’à trouver ça bon ? (oh ça va)(c’que vous avez l’esprit mal placé bon sang!)

Pour l’aider à faire ces chaussures, Demna a un super copain : David Tournaire. Un gars bourré de talent qui a déjà officié chez les plus grands (actuellement au renouveau de Clergerie). Ensemble, tapis dans les ateliers de Balenciaga en Italie, ils se tiennent les côtes en proposant des chaussures qui vont au-delà de la morale bien-modante. Basket avec triple semelle, Crocs géantes, escarpins pic-à-glace, c’est à qui dira la plus grosse connerie. Du coup, ils n’ont rien trouvé de plus drôle que de faire une sneaker qu’avait pas de « dessus »: les Speed Trainer.

À 495 euros.

Bon, faut reconnaître que c’est pas du tout commode à mettre au point une godasse pareille. Parce qu’il faut que ça tienne, que ce soit confortable, que la matière ne se déchire pas et tout le toutim d’une chaussure de luxe réussie. Je suis allée les essayer. C’est que du bonheur. C’est léger comme de marcher en chausson « Le Collégien » mais en mieux (mouarf). Et j’adore cette silhouette minimaliste un brin futuriste. J’ai l’impression de porter les chaussures qu’on aura dans 50 ans.

À part le prix, qu’est-ce qui m’a retenue ? (Et aussi qu’il n’y avait pas de demi-pointure)(je refuse catégoriquement d’acheter des chaussures qui ne me vont pas par-fai-te-ment)(je mérite le meilleur). Je vous le donne en mille : l’esthétique pas vraiment olé olé. Ce plat, cette chaussette noire… Rien que d’imaginer la tête de mon mec quand j’allais rentrer avec ces trucs aux pieds et j’envisageais déjà de chercher un appartement seule avec 3 enfants pour cause de mort du désir dans notre couple. (je sais j’ai toujours tendance à exagérer).

Quand je pense que je suis en permanence en « vigilance féministe ». Je lève mes propres yeux au ciel.

Mais bon, on ne peut pas toujours braver l’amour n’est-ce pas ?

Pour voir les précédentes éditions de Inspiration copiée ou copie inspirée, c’est ici par exemple, ou encore là.

Aidez moi à devenir célèbre, ça fera plaisir à ma mère. Partagez :

4 commentaires

  1. jicky - 28 novembre 2017 - Répondre

    et en plus, elles sont plus belles que les BALENCIAGA! :-)

  2. jicky - 28 novembre 2017 - Répondre

    … et sinon, en étant très objectif, ces copies ou imitations par Zara et Consort ont (au moins) le mérite de nous montrer à quel point les grandes marques de Luxe:
    -nous vendent du cheap à prix d’or
    -font souvent des trucs bien moches dignes d’être vendus chez Zara en fin de fashion buzz (bien souvent)

    non parce que c’est marrant, beau non, mais moche oui, quand même…

  3. jicky - 28 novembre 2017 - Répondre

    nan parce que quand même, hein, 450 euros la claquette de Philippe Lucas de mauvaise humeur:
    https://www.balenciaga.com/fr/piscine-shoes_cod11392974uw.html#/fr/femme/chaussures

    faudrait pas jeter Laure Manaudou avec l’eau du bain non plus… :-)

    1. Elise - 2 décembre 2017 - Répondre

      Hahahahaha ! Ton commentaire m’a fait presque mourir de rire ! :’D

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