Des femmes et des chaussures

amelie-pichard-boobs

J’ai un tas monstrueux de trucs à vous dire et à vous montrer sur les chaussures (interviews, concours, séries photos) mais comme vous avez commencé à le comprendre, je fais tout un bric-à-brac de trucs pendant la journée et ce mois de juillet nous tient un peu éloignées. Bref, je ne vais pas vous la faire en trois langues mais je ne suis pas partie, je suis bien là, je suis ailleurs, c’est tout (ahah elle est tellement drôle la docteresse). Mais quand même ! Je me suis retenue de vous parler de la crise grecque, je ne peux pas me retenir de vous parler de ces images. En ce moment, je suis assez emballée par les prises de position des stars américaines, il y a un vrai courant de conscience sur l’inégalité homme-femme. Comme le #AskHerMore de Reese Witherspoon ou le #HeForShe d’Emma Watson (googlez héhé).

À propos de la délicate affaire de défendre les droits et images des femmes quand et surtout QUAND on en est une, justement. Plus suspect que le mâle qui hurle à l’inégalité des sexes (même si on n’est pas contre hein), la personne de sexe féminin qui s’interroge sur la représentation des seins, des entre-jambes, des os, des regards langoureux et des chattes dans la société. Personnellement, je suis à prendre avec des pincettes car je déteste qu’on me remise dans un enclos pour cause de fente au zizi. J’adore être une femme mais je ne vois pas en quoi ça devrait m’obliger à tenir un discours en particulier ou à  accomplir certaines tâches plus que d’autres (suivez mon regard).

amelie-pichard-laura

Aujourd’hui, je reçois ces images de la nouvelle campagne automne-hiver 2015 de la créatrice de chaussures Amélie Pichard. Je l’aime beaucoup en tant que personne. J’aime ses créations, me réjouit que ça commence à bouillonner pour elle outre-atlantique, j’adore son imagerie (découvrez son tumblr) qu’il faut appréhender avec un second degré. À l’instar de cette singulière série d’images, charnelle et carrossée. Ce qui retient mon attention ? C’est une sexualité de garçon (le t-shirt mouillé s’il vous plaît!) qui s’exprime par les yeux d’une fille. Les codes de la femme-objet des vieux Playboy des années 60, à mi-chemin entre le consentement et la naïveté, s’effacent au profit d’une femme au second degré affirmé. Une femme qui s’amuse de la mascarade féminine (la perruque blonde délibérément mal positionnée). Le désir du garçon est absorbé, digéré et recraché par les yeux d’une femme, Amélie, jeune et jolie, hétérosexuelle avec une vie tout ce qu’il y a de plus normale (enfin entre guillemets), des chats à la maison et un métier de prof.

amelie-pichard-elo

Ces images nécessitent un second degré pour être lues, certes. Si elles étaient conçues par un homme, nous crierions au scandale. Elles ne sont pas dénuées d’une légère prise de risque pour Amélie d’une part et ses congénères du même sexe de l’autre (Amélie taxée d’obsédée, le reste des femmes de poupées gonflables sans âme – enfin je ne vais pas vous faire un dessin – si elles tombaient entre les mains de neuneus). Et comme pour un film qui nécessite des lunettes spéciales 3D, cette série demande des binocles  « second degré » au risque de percevoir des femmes une image plate, sans relief, en un mot, potich’sexe.

MAIS, trêve de plaisanterie, la morale de la morale de cette histoire est quand même la suivante : en vrai de vrai, Amélie met le doigt sur une vérité absolue et absolument pas assez dite. Nous les filles, on kiffe aussi les gros nénés.

Yep.

By the way : j’ai un gros gros faible pour les bottines lacées en python et les santiags plates ci-dessous (inspirées de Nicolas Cage dans Saylor et Lula me glisse-t-on!). À tenter ?

amelie-pichard-nina

amelie-pichard-nico

amelie-pichard-nancy

amelie-pichard-parasol

amelie-pichard-nancy-camel

 Photographies : Nicolas Coulomb.

Alertez la terre entière de l’importance de ce sujet, partagez :

9 commentaires

  1. Ma fine bouche - 23 juillet 2015 - Répondre

    J’avoue préférer les sacs d’Amélie aux chaussures. J’ai jamais reçu autant de compliment sur un sac ! Quoiqu’il en soit j’aime bien son imagerie, c’est effectivement second degré, un peu drôle et sexy… J’adore ! Et rien à voir , mais depuis que vous avez montré les escarpins à brides de Pierre Hardy, j’attends patiemment la rentrée pour pouvoir les trouver quelque part…

    1. Dr Shooooes - 23 juillet 2015 - Répondre

      @Ma fine bouche C’est vrai que son sac avec le crocodile est extraordinaire… Quelle couleur avez-vous (pour me faire saliver) ? :) Quant aux Pierre Hardy, c’est vrai qu’elles sont parfaites. Je pense qu’elles seront en boutique et sur le net en septembre. Dites-moi et je me renseignerai si vous ne les trouvez pas !

      1. Ma fine bouche - 24 juillet 2015 - Répondre

        Le mien est très classique (pour un Amélie Pichard !). Il s’agit du modèle en cuir glacé noir avec les surpiqures ton sur ton et le crocodile doré. Après deux ans à tourner autour sans trouver le modèle qui me plaisait totalement, je l’ai finalement trouvé lors d’une « nocturne » sur Ebay au tiers du prix. Mais il attire tellement de réaction, c’est hallucinant.
        Pour les chaussures je patiente, je patiente et si jamais je ne les trouve pas je reviendrais ici. (Qu’on se comprenne, je reviendrais avec ou sans ça ;-)

  2. mariannehéhé - 23 juillet 2015 - Répondre

    Hello, bonjour,
    Moi aussi j’ai un sac Amélie, bicolore vert écaille et écru, une vendeuse de chez Céline m’avait complimenté alors que j’allais m’acheter un banal sac noir chez eux, HAHAHHAHAH. C’est vrai que je sens que les mecs comprennent pas trop le concept du croco en or mais les toutes les filles adorent.
    J’aime beaucoup l’insolence d’Amélie P. c’est un peu dézing-kitch assez années 80 et parfois carrément dérangeant… après la nudité des femmes qu’elle expose sexy-hot mouais…

    1. Dr Shooooes - 23 juillet 2015 - Répondre

      @mariannehéhé Oui dérangeant, mais tu ne précises pas ce « mouais… » étayes, étayes ! :)

    2. Ma fine bouche - 24 juillet 2015 - Répondre

      Ben écoute, les hommes autour de moi n’aimaient pas vraiment en photographie, mais en vrai ils ont tous craqué !

  3. mariannehéhé - 24 juillet 2015 - Répondre

    @Dr.
    mdr tu me fais rire ! non merci Dr je passe mon tour, très casse gueule le féminisme/image de la femme dans la pub.
    Donc bon sur le sujet de Mme Pichard, je retiens l’esthétisme mordant et plutôt chouette, il faudrait lui demander à elle ce qu’elle veut dire aux femmes en leur mettant un soulier d’une autre au milieu du sexe (peut être que le soulier remplace l’homme HAHAHAHHA). Je ne sais pas si elle est dans une démarche concept dans le concept… Je vois plus une signature esthétique avec je te rejoins pas mal de dérision. Tu lui demanderas ?
    Pour finir mon étayage, je n’ai pas d’avis sur la question « image sexuée de la femme et féminisme ». Pas d’avis que des ???? c’est pour moi à la fois réducteur et annonciateur d’une certaine liberté… Alors je reste sur mes ??? Voilà tu pourras toujours compter sur moi pour bavasser sans avoir d’avis arrêté…

  4. Marion - 27 juillet 2015 - Répondre

    Bonjour, bonjour,
    Si je ne suis pas particulièrement fan de l’esthétique des images d’Amélie Pichard, je trouve qu’elles offrent un peu de nouveauté dans une mare un peu « fadasse ». En tombant il y a quelques jours sur les campagnes des grandes marques de luxe, je me disais qu’il manquait quelque chose, que tout était lisse. Ici, tout est dans le détail – celui qui fait balancer l’image dans la lecture second degré -, et ça, ça fait du bien, frôler le bon goût sans jamais y tomber …
    Belle journée quand même !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *